lettre symbolique

Actes symboliques (2)

Les actes symboliques (ou magiques si ce terme ne vous rebute pas) devraient la plupart du temps être créés par la personne qui souhaite un apaisement au niveau émotionnel lors d’une situation conflictuelle. Ces actes peuvent être posés de mille manières suivant sa propre créativité : on peut écrire, peindre, sculpter, inventer toute sorte de concrétisation de ce blocage qu’on désire démanteler. Deux exemples permettront de mieux comprendre comment agir selon ses propres ressources :
Une jeune femme, venant d’apprendre par son amoureux qu’il la quittait pour des raisons qu’elle jugeait aberrantes, ne voulut pas s’enfoncer dans un désespoir qu’elle savait nuisible. Après réflexion, elle rassembla tout ce qui pouvait la relier à cet homme : photo, vêtements, bibelots…, elle en fit un tas dans son jardin et y mit le feu. Elle recueillit les cendres du foyer, les mit dans une petite boite qu’elle envoya, sans un mot, à son ex-ami : le soir même, elle dormit douze heures d’affilée et le lendemain elle se sentait apaisée. Elle avait, bien entendu, encore beaucoup de chagrin mais l’agitation d’émotions bouleversantes avait cessé.

Une femme qui n’avait pu faire la paix avec sa mère avant le décès de celle-ci ressentit le besoin de faire un geste concret après avoir longtemps cherché comment soulager ce profond sentiment de culpabilité qu’elle éprouvait. Elle écrivit, sur des petits papiers, tout ce qu’elle avait encore sur le coeur en ce qui concernait cette relation qui avait toujours été tendue : un fait par petit morceau de papier. Elle imagina coudre chaque petit papier sur un vêtement qui avait appartenu à sa mère et elle brûla le tout dans un grand seau métallique. Cela se passait en hiver et la combustion avait lieu dans l’appartement : une fumée noire s’en dégagea, les murs étant vite recouverts de suie. Cette femme n’avait plus qu’à faire le grand lessivage des murs. Une fois l’appartement nettoyé, elle versa les cendres du seau dans la terre d’un pot et y planta un rosier. Elle aussi dormit d’une traite une longue nuit de récupération et se sentit allégée le lendemain ; puis, « par hasard », en rangeant un carton « oublié », elle retrouva un bracelet en or de sa mère et elle le mit, ressentant en elle une paix nouvelle et comme la résolution d’une situation inachevée.

On peut ainsi créer, pour tout mal-être ressenti à un moment de sa vie, un acte symbolique qui va permettre de calmer la tempête émotionnelle qui nous secoue en nous donnant  l’impression de n’y rien pouvoir.
Laissez venir tout idée, même farfelue, qui pourrait se concrétiser par une démarche, personnelle,  pouvant vous faire retrouver la tranquillité.

psychogénéalogie (3)

Sur ma page discussion face book Harmonie Interieure, Séverine proposait que j’offre un kit pour faire un arbre généalogique mais ce serait trop beau si c’était si simple.
En effet, je vous expliquais que le mieux était de commencer par faire un grand brouillon, collé au mur (ou sur une table libre) et de consacrer une feuille à chaque membre de la famille.
Vous avez compris qu’il faut une grande quantité d’informations sur chaque personne et que le moindre accident qui a pris de l’importance dans le mythe familial doit être noté car il va se transmettre (inconsciemment on le sait bien) à tous les descendants.
On a pu trouver des renseignements dans les papiers familiaux, sur les sites que les archives mettent maintenant très souvent à la disposition des internautes, dans les mairies ou auprès des associations de généalogie, mais il faut surtout faire parler les anciens, retracer les vérités et les inventions qui se sont transmises souvent même sans que cela ait été verbalement exprimé. Je peux citer une famille dont la mère est tellement connue pour « enjoliver » le passé de ses ascendants que pas un des petits-enfants qui essaient de bâtir l’arbre familial ne peut donner pour sûre toute information venant de cette branche.
A côté de ces personnes qui ne peuvent pas se fier à l’histoire qui parcourt les branches de l’arbre, d’autres n’ont absolument aucun renseignement provenant d’une filiation, par exemple, du côté paternel, les papiers ayant été détruits pour une raison ou une autre et les témoins décédés.

shut

Si rien n’a transpiré de la saga d’un clan, c’est bien souvent qu’un secret de famille pèse sur ce clan et que les non-dits perçus par les descendants en sont l’expression. Il est facile de faire croire aux intéressés qu’il est possible d’aller débusquer ce qui a longtemps été caché. Non seulement cela est faux (car le fait d’avoir réussi à garder un secret signifie que s’il n’a pas à été percé c’est qu’il faut en protéger les branches issues des parents porteurs de ce secret), mais on doit admettre d’emblée que ce qui n’a pas été transmis appartient à la génération qui a choisi de taire ce qui a été vécu comme une faute. Il faut s’incliner devant la souffrance de ces ancêtres et leur laisser le poids de ce qui a été considéré comme une faute, mais il est utile de faire un travail pour ne pas s’en charger (ce qui n’ a été réalisé que par fidélité familiale, inconsciemment, on ne le répétera jamais assez, il n’y a aucune culpabilité à porter).
Il existe des moyens de ne pas se résigner à porter les fardeaux d’un passé dont nous ne connaîtrons jamais vraiment tous les détails.
A suivre…

Psychogénélogie (2)

arbre-genealogiqueIl faut maintenant comprendre ce qu’on recherche. Qu’est-ce, par exemple, que ce fameux « syndrome d’anniversaire » ? Pour éviter trop d’explications théoriques, je vais vous donner un exemple personnel que je cite souvent dans mes conférences : en bâtissant mon arbre génial-logique, je me suis rendue compte (alors que c’était une évidence !) que les Julien de trois générations de ma famille paternelle étaient tous morts noyés (en mer) à la quarantaine : le père et le frère aîné de mon père et le fils de la soeur de mon père. Et encore je ne savais rien des ancêtres bretons, pêcheurs et ne sachant pas nager, comme les disparus plus proches. Inutile de vous dire que le prénom Julien est banni du clan désormais !

Ceci est une illustration permettant de comprendre à quel point les transmissions familiales sont sans doute involontaires et inconscientes mais certainement preuves du lien puissant qui relie les membres d’une même famille. C’est ce qu’on appelle une loyauté familiale invisible et inconsciente.

Autre exemple : On note qu’on est née le jour et le mois mêmes (pas l’année le plus souvent) du décès d’un ascendant.  Si l’ancêtre concerné est connu dans la famille pour avoir subi une souffrance quelconque, il y a de fortes chances pour qu’on soit venu la « réparer » : on est alors un enfant de remplacement. L’enfant de remplacement est aussi celui qui vient juste après son aîné décédé, et on va noter, toujours en construisant son arbre, que cet enfant est né le jour anniversaire de la mort ou de l’enterrement de celui dont la mère n’a pas fait le deuil. Ceci peut provoquer, sans qu’on en ait eu, jusque-là, conscience, un stress autour de cette date anniversaire. Une fois faite cette découverte de ce que l’on va appeler une coïncidence, ce stress va pouvoir être évacué.

Pour ne pas sombrer dans le pessimisme, après ces révélations provoquant souvent un choc, on peut aussi remarquer la naissance d’enfants de « réparation », bien venus dans une famille qui a su gérer ses deuils. C’est en l’honneur d’une grand-maman merveilleuse, décédée le 10 mai que sa petite-fille arrive au monde le 9 mai.

Autre aspect positif de la mise à jour de cette expression de l’inconscient transgénérationnel : lorsqu’on doit se faire opérer, par exemple, il n’est pas inutile de vérifier que la date de l’opération ne tombe pas un jour de deuil, de drame ou d’accident quelconques survenus auparavant. Manière de mettre toutes les chances de son côté.

Ainsi, l’élaboration d’un arbre génial-logique permet de mettre le doigt sur ces transmissions qui, une fois reconnues, peuvent être éliminées, on verra plus tard de quelle manière.

Psychogénéalogie (1)

michel ange baseLorsque je vous ai notifié, lors des précédentes capsules sur l’arbre génial-logique, qu’il ne suffisait pas de construire son arbre pour le « gai-rire », je ne voulais pas vous décourager car c’est une étape très importante qui consiste à se mettre concrètement face à sa filiation et ainsi à s’imprégner de cette image symbolique et guérissante à son niveau.

Cependant, lorsque de graves blessures ont meurtri cette photographie du clan, il faut aller les panser en portant attention à chaque cadre de l’image, exclu ou lésé.

On ne peut se contenter d’inscrire dates et lieux de naissance, de mariage et de décès. Certains établissent des graphiques de leur filiation qui sont impressionnants, remontant parfois même jusqu’au Moyen-Âge. Mais, en-dehors de l’aspect passionnant de la recherche qui peut ressembler à une enquête policière, ce tableau n’aidera pas vraiment si on est en quête de « syndromes » pouvant donner des explications de notre implication dans les souffrances de nos aïeux.

Pour débuter, contentons nous de trouver tous les renseignements concernant nos parents, nos grands-parents et, si vraiment nous avons de la chance, nos arrières grands-parents. Cherchons déjà sur nos actes d’Etat-civil les dates et lieux de naissance, de mariage et de décès de ces ascendants et, sur internet cela devient facile, cherchons les actes d’Etat-civil manquants. Une fois toutes les dates inscrites, l’enquête devient plus ardue, c’est un génosociogramme que nous allons bâtir car les professions, les maladies, les drames (crime, inceste, viol, alcoolisme, faillite…) ou les évènements environnementaux marquants (guerre, génocide, exil forcé…) auront aussi leur place auprès du nom de chaque membre de la filiation. Tout ce qui a pu concerner ces personnes doit être consigné. Pour cela, vous pouvez aller sur mon lien : analyse transgénérationnelle, vous y trouverez un questionnaire vous permettant de ne rien oublier.

Pratiquement, prenez une feuille pour chaque membre de votre famille (en commençant par vous) et inscrivez au brouillon TOUT ce que vous pouvez récolter comme renseignement utile. L’idéal étant de bénéficier d’un mur vierge sur lequel vous pourrez scotcher vos feuilles et les déplacer à votre guise.

A suivre…

arbre généalogique

L’arbre génial-logique (4)

Une fois l’appartenance à son clan identifiée ainsi que l’ordre immuable devant régner dans ce clan, il faut encore y installer un équilibre indispensable pour véritablement y vivre SA place ainsi que je le martèle depuis le début de ces capsules d’information sur votre arbre.

Au cours de mes conférences au sujet de la généalogie, j’emploie volontiers un mobile pour symboliser pratiquement l’arbre généalogique. Chacun peut en construire un chez soi, tiens, pourquoi ne pas en faire un avec les enfants, c’est une activité ludique et la représentation du clan familial devient claire et démonstrative.

N’y mettons pour le moment que les grands-parents, les parents et vous-même (laissons pour le moment les frères et soeurs).

Grand-papa paternel

Grand-maman paternelle

Grand-papa maternel

Grand-maman maternelle
PAPA MAMAN
MOI

Imaginons maintenant que le grand-papa paternel, ayant perdu toute la fortune de la famille au jeu, ou ayant abandonné sa jeune femme et son enfant, ait été exclu du clan et qu’on ne parle plus jamais de lui. Enlevons du mobile le cadre du grand-papa : La représentation du clan, délestée de l’une de ses composantes, va culbuter, entraînant dans son mouvement de bascule les autres cadres du clan. Tout ce beau tableau bien ordonné est complètement déséquilibré, peut-être depuis très longtemps et on porte ainsi en soi, sans le savoir, l’image de ce déséquilibre.

Ainsi, dans la vie de ce clan, à tous les niveaux de la filiation, le fait d’exclure un membre de la parenté a provoqué cette instabilité que tous vont ressentir, mais plus particulièrement un ou plusieurs descendants de la deuxième ou troisième génération suivant l’exclu. Cela va se jouer au niveau de l’inconscient bien entendu. En général, ce sont des évènements qui sont passés sous silence au sein des familles. Mais ce sont, à leur façon, des grenades dégoupillées qui finiront par exploser un beau jour : un descendant porteur, sans le savoir, de la mission de réparation du clan, va s’exclure du clan d’une manière ou d’une autre, faisant faillite lui-même ou abandonnant sa famille ou s’isolant tout simplement sans pouvoir s’en empêcher.

En construisant son arbre et en redonnant leur place aux exclus, on reconstruit l’image réelle du clan qui va remplacer la représentation déstabilisée de notre famille, on redonne sa place à la réalité biologique et on efface les fausses croyances.

Evidemment, il faudra plus qu’un arbre vivant et bien bâti pour rétablir l’équilibre ébranlé d’un clan déterminé, mais le symbole est puissant et la photographie permanente que nous aurons concrètement installée en nous par le biais de l’image saine de notre arbre réel peut aider à commencer une réparation des liens familiaux détériorés.

Annexe

Carte d'une femme courageuse et lucide

De Fatoumata Sidibé, députée bruxelloise FDF, ex-« Ni putes ni soumises »
Voir également le site de l’association « Ni putes, ni soumises »

« Je déclare que le voile est le symbole d’un projet politique totalitaire »

mardi 23 mars 2010, 10:30

Moi, citoyenne belge de culture musulmane, originaire du Mali, un pays musulman à 90 % où la religion influence fortement les lois, règlements et différents aspects de la vie quotidienne, où certaines coutumes et traditions rétrogrades perpétuent les discriminations à l’égard des femmes, où plus de 80 % des filles sont victimes des mutilations génitales, où la polygamie est légale, où les mariages forcés sont imposés aux jeunes filles, où en matière d’héritage, les femmes sont frappées du sceau de l’inégalité, où, dès le plus jeune âge, on apprend aux petites filles que leur destin est de souffrir, de se résigner, de se soumettre, de se marier, de faire des enfants et de faire honneur à la famille,
Moi, qui suis issue d’un pays où l’intégrisme islamique gagne du terrain avec comme corollaire la prolifération du port du voile, où les avancées législatives en matière de droits des femmes se heurtent aux pressions des autorités musulmanes, au nom de la paix sociale, de l’unité nationale, de la préservation des valeurs sociales et religieuses maliennes qui confinent les femmes dans des statuts de citoyennes de seconde zone,
Moi qui, comme tant de consœurs, ai eu la chance de m’épanouir et me réaliser en Belgique dans un espace de liberté que les femmes ont conquis par de longues et âpres luttes,
Je déclare que l’immixtion du religieux dans l’espace public et le détricotage de la neutralité de l’Etat n’augurent rien de bon pour la démocratie et les droits des femmes.
Je déclare que l’émancipation n’est pas un luxe réservé aux femmes occidentales, que l’égalité hommes/femmes n’est pas négociable, ajustable, en fonction des demandes, revendications de revendications culturelles, religieuses ou supposées comme telles émanant d’individus, de communautés, de groupes.
Je déclare que de nombreuses femmes musulmanes dans le monde relient combat contre les intégrismes religieux et promotion de la laïcité. Elles savent que certains laxismes sonnent comme des glas pour elles qui luttent et risquent leur vie en Egypte, en Somalie, en Inde, en Iran, au Soudan, au Pakistan au Maroc, en Algérie, et ailleurs contre la polygamie, la lapidation, l’enfermement de leurs corps dans des linceuls ambulants, l’imposition du port du voile, la répudiation, l’excision, les crimes d’honneur.
Que dire à celles qui ont pris le chemin de l’exil et qui voient se reproduire sous leurs yeux un système de justice à la carte où, selon que vous soyez de telle ou telle confession, religion ou philosophie, les jugements de la cour vous rendent blancs ou noirs ?
Peut-on, au nom de la tolérance, du relativisme culturel, du multiculturalisme, de la liberté de religion, demander à certaines femmes vivant dans nos pays d’avoir moins de droits ?
Je déclare que le voile est le symbole de l’instrumentalisation des femmes au nom de la religion, d’un projet politique totalitaire qui sème la terreur dans certains pays, de la tentative d’asservissement, de mise sous tutelle de la femme, de la séparation des espaces féminins et masculins, une supercherie des fondamentalistes musulmans pour réaffirmer leur domination sur le corps des femmes et leurs libertés. Dans certains quartiers, les filles n’ont d’autre choix que de se voiler ou de faire attention à leur tenue vestimentaire pour ne pas subir les injures et le mépris de certains mâles auxquels on a appris que la vertu d’une femme est proportionnelle à la quantité de tissu qui la recouvre.
Je déclare qu’on atteint le summum de l’endoctrinement quand l’esclave intègre ses chaînes comme normales, lorsqu’elle ne peut plus penser autrement que par le prisme d’une société qui la convainc depuis la plus tendre enfance à travers les traditions, les cours de religion, les prêches que sa nature de femme la prédispose à occuper une position d’infériorité, de soumission. C’est cette même violence symbolique qui pousse les mères à infliger à leurs filles les violences comme le mariage forcé, les mutilations sexuelles génitales dont elles ont été elles-mêmes victimes.
Je déclare que toutes les femmes voilées ne sont pas soumises et que toutes les femmes qui ont les cheveux au vent ne sont pas libres et émancipées, mais que les filles et femmes, qui portent le voile par attachement culturel, conviction religieuse, ou parce qu’on leur interdit de le porter, n’enlèvent rien à la signification politique de ce voile sacralisé par les islamistes et imposé via un prosélytisme de procurateurs autoproclamés de Dieu. Celles qui avancent l’argument de « c’est mon choix » devraient avoir la décence et la « sororité » de reconnaître l’oppression de celles qui n’ont pas le choix.
Je déclare qu’en Europe, les offensives des islamistes contre les droits des femmes renforcent celles des partis conservateurs, de l’Eglise catholique, des lobbies religieux très puissamment implantés dans les nouveaux Etats membres et qui s’emploient à faire reculer les droits des femmes au sein de l’Union européenne. Leur mot d’ordre : revenir à l’ordre archaïque de hiérarchie patriarcale qui renvoie les femmes aux devoirs que leur dicte leur nature, à leurs sacro-saintes obligations terrestres dictées par les hommes assistés par Dieu le père, le fils et les Saints Esprits sexistes. Pas d’amen ! C’est là que la société doit intervenir au nom des droits humains !
Je déclare que les conquêtes féministes en Occident n’ont pas été arrêtées dans leur marche pour l’émancipation par la peur de stigmatiser les Eglises opposées aux droits et aux libertés des femmes. Pourquoi l’islam serait-il soustrait à cette remise en question ? Ce qui est bon pour une religion ne le serait donc pas pour une autre ?
Je déclare que la majorité des citoyens de culture musulmane vivent leur foi, quand ils en ont, en toute tranquillité, qu’ils n’en peuvent plus d’être essentialisés, considérés comme un groupe homogène dont chacun des membres partage la même façon de penser, de vivre, assignés à résidence dans « une communauté » par une minorité vagissante qui leur impose un terrorisme psychologique, parle en leur nom et qui bénéficie d’un surcroît de respectabilité de la part de certaines tribunes médiatiques et politiques.
Je déclare que le silence des intellectuels musulmans modérés est aussi assourdissant que la clameur des relativistes, des obscurantismes et d’une certaine classe politique qui se soucie plus de calculs électoralistes et d’enjeux de pouvoirs que de proposer un véritable projet démocratique de vivre ensemble.
Je déclare que la peur d’être qualifié de raciste a muselé bien des consciences, que nous sommes prêts à accepter l’intolérable par peur d’être taxés d’intolérance. Que d’abandons en reculades, nos valeurs démocratiques régressent.
Je déclare qu’il y a urgence à légiférer. A l’Etat de jouer son rôle de garant et de gardien des libertés fondamentales, où la liberté de croyance ou de non-croyance est garantie dans le respect des valeurs fondamentales grâce à un cadre juridique qui pose des balises. Je lance un appel aux progressistes de tous les partis, pour qu’ils unissent leurs voix pour ne pas reporter, dans les enceintes des parlements, les dix propositions déposées par le Mouvement Réformateur concernant le port de signes convictionnels – outre l’interdiction du port ostentatoire de signes d’appartenance dans les écoles relevant de la compétence du réseau officiel, les propositions déposées par le MR visent notamment à interdire aux parlementaires exerçant une fonction de représentation, personnes en charge de fonctions exécutives et prestataires de service public, préposés au guichet ou non, le port ostentatoire de signes convictionnels.
Faire de la politique, c’est faire des choix. Il est minuit moins cinq ! Il ne s’agit pas d’une offensive contre les religions. Il s’agit de remettre les religions à leur juste place c’est-à-dire dans la sphère privée, de faire le choix d’une société qui ne se fractionne pas en fonction des particularismes, mais qui s’unit sur des valeurs à vocation universelle.

Fatoumata Sidibé, députée bruxelloise FDF, ex-« Ni putes ni soumises »

Avant d’être élue, l’année dernière, sur la liste FDF, députée bruxelloise, Fatoumata Sidibé était présidente du comité belge de Ni putes ni soumises (NPNS), actif depuis 2006, dont la mission première consiste à « promouvoir l’égalité des droits entre les hommes et les femmes ». Belge d’origine malienne, 46 ans, licenciée en communication et romancière, elle combat depuis longtemps « l’obscurantisme, la loi du silence, la violence faite aux femmes, la misogynie… ». Sa mère l’avait surnommée « poudre de piment ». Avant Ni putes ni soumises, Fathy, comme elle est surnommée, avait travaillé dans une boîte de communication, au Centre du Librex – « elle a l’intelligence et l’autonomie qu’il faut, c’est une femme plurielle qui sait se battre pour ses idées », selon le directeur, Denis Stokkink –, pour Médecins du monde, pour les magazines Demain le monde et Défi Sud… La contraception dans les milieux musulmans conservateurs, les viols qui cachent leur nom, le sexisme à l’école ont toujours été des combats à mener pour Fathy Sidibé. En lançant NPNS, elle déclarait : « Le féminisme est mort, vive le féminisme ! » De l’excision au port du foulard forcé, de l’entrisme islamique sur les campus aux violences conjugales, « tout est à faire », insistait-elle, rappelant que « la tolérance tue autant que le fanatisme. On ne peut pas tout tolérer au nom de Dieu ou de la Tradition ».

arbre généalogique

L’arbre génial-logique (3)

Une fois notre appartenance au clan bien assimilée, il faut y mettre de l’ordre. En effet, il arrive souvent que l’on ait pris la place d’un autre membre du groupe familial. La mère est dépressive et la fille juge qu’elle doit la remplacer auprès du père pour élever la nombreuse famille. Le grand-père juge son fils incapable et tient les rênes de la famille, prenant ainsi la place de son fils auprès de sa belle-fille. La tante maternelle juge qu’elle est le chef du clan et empêche les descendants de prendre leur place dans l’arbre…

Que d’exemples qui génèrent des arbres dysfonctionnels, pesant sur ces filiations ainsi devenues « croches ». Mettre de l’ordre, symboliquement, en construisant son arbre, aide, sans conteste, à mettre de l’ordre dans sa vie. Je me suis trouvée, un jour, devant un arbre généalogique fabriqué, en pâte à modeler, par la fille d’une amie. Elle était toute fière de me montrer son oeuvre faite en classe. Bizarrement, elle avait collé la photo de sa petite soeur au-dessus de la sienne, sur le tronc de l’arbre. Je demandai à la maman si le petite ne se conduisait pas en « chef » dans cette famille et il me fut répondu qu’effectivement c’était la cadette qui menait tout le monde. Je proposai une correction toute simple en l’expliquant à l’enfant : « tu dois te mettre à la place de l’aînée et ta petite soeur doit être un peu en-dessous de toi, à la place de la cadette. Intervertissons les photos ». Au moment de faire cet échange, après une explication de la hiérarchie familiale que tous n’avaient pas réellement assimilée, la petite fille poussa un grand soupir comme si elle se trouvait brutalement soulagée. Plusieurs mois après, la maman m’expliqua que l’aînée avait pris sa place auprès de sa cadette et que celle-ci en avait semblé apaisée.

L’ordre, dans cette hiérarchie, permet se sortir du jugement. Cet ordre est immuable et doit se percevoir comme tel. Je me juge supérieure à ma mère que je trouve incapable d’assumer son rôle de mère, et ma vie en sera bouleversée à tous les niveaux car je me serai mise à une place qui ne m’appartient pas. Me figurer, concrètement, sur mon arbre, à ma place, en-dessous de mon père et ma mère, peut me libérer et leur laisser leurs responsabilités de parents.

L’arbre généalogique est un symbole, il ne faut pas négliger la force du symbole.

Face à son arbre, on se sent appartenir à un clan et on se « voit » à SA place, dans l’ordre naturel des choses et non comme le mental et le jugement nous conduisent à transformer cet ordre. On admet alors cette hiérarchie immuable du clan : mon grand-père sera toujours le « grand » face à mon père et ma mère sera toujours la « grande » et moi « la petite ». Quoi qu’il arrive, je serai toujours la « grande » et mes enfants « les petits » et cela n’implique pas un jugement de valeur, il ne s’agit ici que de l’ordre d’arrivée dans le clan et c’est celui qui doit toujours prévaloir.

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arbre généalogique

L’arbre génial-logique (2)

Avoir la certitude, depuis tout petit, qu’on a SA place dans un clan permettra de savoir où est sa place dans tous les domaines de la vie et tout au long de sa vie : sur les plans affectif, professionnel, sociétal…

L’image que renvoie l’arbre généalogique (arbre génial-logique), correctement fait, s’imprime dans le conscient et l’inconscient bien plus que tout discours sur la généalogie. Le discours s’adresse au mental, l’image au ressenti, au coeur (ou aux « tripes » pour ceux qui préfèrent). Ainsi, une représentation de son arbre faite par un enfant (bien entendu supervisée par un familier de cette construction pour éviter les erreurs) va lui permettre de se situer correctement dans sa famille. L’idéal est d’afficher cette illustration (dessin, sculpture, collage, peinture…) dans un endroit où l’enfant passe régulièrement, sa chambre ou un couloir par exemple, de manière à ce que son inconscient enregistre, sans même s’en rendre compte, l’image du clan où sa place est définitivement déterminée. Il lui paraîtra ainsi, pour toujours, naturel de se savoir à la « bonne » place, à SA place.

L’enfant devrait pouvoir construire son arbre généalogique avec sa famille, à l’école, et le recommencer à différentes étapes de sa vie, pour améliorer cet arbre, en faire le génosociogramme créé par Anne Ancelin-Schutzenberger (cf. son livre « Aie ! mes aieux ! »). Les enseignants, guidés par des spécialistes en psychogénéalogie, y trouveraient une aide appréciable pour mieux aider leurs élèves. Un exemple récent au cours d’un atelier donné dans une classe d’une école primaire l’illustre incontestablement : une petite fille installe toutes les photos impeccablement préparées par les parents sur le graphique de l’arbre généalogique et se rend compte que parents et grands-parents sont présents mais qu’on a oublié (?) sa propre photo. Que des questions à se poser sur la place de cette enfant « oubliée » …

Il n’est jamais trop tard pour préparer son arbre généalogique, il nous montre, lorsque nous constatons nos manques et nos interrogations, à quel point il représente une géniale logique.

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