Référence intéressante (psychogénéalogie)

Le témoignage de Noëlle le Dréau est capital pour les victimes d’inceste, son livre permet (même à ceux qui n’ont pas été touchés par cette violence) de comprendre à quel point nous avons besoin d’étudier notre arbre « génial-logique » pour se débarrasser de fardeaux que nous portons, par fidélité familiale souvent inconsciente, pour nos ancêtres.

http://www.racontemoimonarbre.com/

Conférence sur l'Harmonie Intérieure


Je me suis faite gronder parce que je n’avais pas annoncé ma conférence sur la psychogénéalogie à la Bibliothèque des Prairies (le 2 novembre dernier) mais cette conférence était déjà postée sur mon blog, disponible gratuitement sur DailyMotion (cf. sur ce blog au 22 avril)

J’annonce donc la conférence que je vais donner sur l’Harmonie Intérieure à l’Université Populaire d’Hochelaga-Maisonneuve le 29 novembre à 13h30.

J’y présenterai mon approche de croissance personnelle comme vous pouvez la découvrir sur mon site.

 

Pavillon d’Éducation Communautaire Hochelaga-Maisonneuve – 1691, boulevard Pie-IX, Montréal


Conférence

« La création de l’arbre génial-logique »

Je donne cette conférence à l’Université Populaire
1691 boul Pie-IX, Montréal, Qc, H1V 2C3

Le 8 février de 13h30 à 16h

Je vous propose une approche de la généalogie qui va consister à aller plus loin que la simple représentation des dates de naissance ou de décès. Il s’agit de voir quelles sont les transmissions de génération en génération qui montrent les intrications causant des souffrances que nous mettons sur le compte de notre propre vie et qui sont souvent la conséquence des poids que nous portons pour nos ancêtres. C’est ce que j’appelle la création de l’arbre génial-logique.

psychogénéalogie (3)

Sur ma page discussion face book Harmonie Interieure, Séverine proposait que j’offre un kit pour faire un arbre généalogique mais ce serait trop beau si c’était si simple.
En effet, je vous expliquais que le mieux était de commencer par faire un grand brouillon, collé au mur (ou sur une table libre) et de consacrer une feuille à chaque membre de la famille.
Vous avez compris qu’il faut une grande quantité d’informations sur chaque personne et que le moindre accident qui a pris de l’importance dans le mythe familial doit être noté car il va se transmettre (inconsciemment on le sait bien) à tous les descendants.
On a pu trouver des renseignements dans les papiers familiaux, sur les sites que les archives mettent maintenant très souvent à la disposition des internautes, dans les mairies ou auprès des associations de généalogie, mais il faut surtout faire parler les anciens, retracer les vérités et les inventions qui se sont transmises souvent même sans que cela ait été verbalement exprimé. Je peux citer une famille dont la mère est tellement connue pour « enjoliver » le passé de ses ascendants que pas un des petits-enfants qui essaient de bâtir l’arbre familial ne peut donner pour sûre toute information venant de cette branche.
A côté de ces personnes qui ne peuvent pas se fier à l’histoire qui parcourt les branches de l’arbre, d’autres n’ont absolument aucun renseignement provenant d’une filiation, par exemple, du côté paternel, les papiers ayant été détruits pour une raison ou une autre et les témoins décédés.

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Si rien n’a transpiré de la saga d’un clan, c’est bien souvent qu’un secret de famille pèse sur ce clan et que les non-dits perçus par les descendants en sont l’expression. Il est facile de faire croire aux intéressés qu’il est possible d’aller débusquer ce qui a longtemps été caché. Non seulement cela est faux (car le fait d’avoir réussi à garder un secret signifie que s’il n’a pas à été percé c’est qu’il faut en protéger les branches issues des parents porteurs de ce secret), mais on doit admettre d’emblée que ce qui n’a pas été transmis appartient à la génération qui a choisi de taire ce qui a été vécu comme une faute. Il faut s’incliner devant la souffrance de ces ancêtres et leur laisser le poids de ce qui a été considéré comme une faute, mais il est utile de faire un travail pour ne pas s’en charger (ce qui n’ a été réalisé que par fidélité familiale, inconsciemment, on ne le répétera jamais assez, il n’y a aucune culpabilité à porter).
Il existe des moyens de ne pas se résigner à porter les fardeaux d’un passé dont nous ne connaîtrons jamais vraiment tous les détails.
A suivre…

Psychogénélogie (2)

arbre-genealogiqueIl faut maintenant comprendre ce qu’on recherche. Qu’est-ce, par exemple, que ce fameux « syndrome d’anniversaire » ? Pour éviter trop d’explications théoriques, je vais vous donner un exemple personnel que je cite souvent dans mes conférences : en bâtissant mon arbre génial-logique, je me suis rendue compte (alors que c’était une évidence !) que les Julien de trois générations de ma famille paternelle étaient tous morts noyés (en mer) à la quarantaine : le père et le frère aîné de mon père et le fils de la soeur de mon père. Et encore je ne savais rien des ancêtres bretons, pêcheurs et ne sachant pas nager, comme les disparus plus proches. Inutile de vous dire que le prénom Julien est banni du clan désormais !

Ceci est une illustration permettant de comprendre à quel point les transmissions familiales sont sans doute involontaires et inconscientes mais certainement preuves du lien puissant qui relie les membres d’une même famille. C’est ce qu’on appelle une loyauté familiale invisible et inconsciente.

Autre exemple : On note qu’on est née le jour et le mois mêmes (pas l’année le plus souvent) du décès d’un ascendant.  Si l’ancêtre concerné est connu dans la famille pour avoir subi une souffrance quelconque, il y a de fortes chances pour qu’on soit venu la « réparer » : on est alors un enfant de remplacement. L’enfant de remplacement est aussi celui qui vient juste après son aîné décédé, et on va noter, toujours en construisant son arbre, que cet enfant est né le jour anniversaire de la mort ou de l’enterrement de celui dont la mère n’a pas fait le deuil. Ceci peut provoquer, sans qu’on en ait eu, jusque-là, conscience, un stress autour de cette date anniversaire. Une fois faite cette découverte de ce que l’on va appeler une coïncidence, ce stress va pouvoir être évacué.

Pour ne pas sombrer dans le pessimisme, après ces révélations provoquant souvent un choc, on peut aussi remarquer la naissance d’enfants de « réparation », bien venus dans une famille qui a su gérer ses deuils. C’est en l’honneur d’une grand-maman merveilleuse, décédée le 10 mai que sa petite-fille arrive au monde le 9 mai.

Autre aspect positif de la mise à jour de cette expression de l’inconscient transgénérationnel : lorsqu’on doit se faire opérer, par exemple, il n’est pas inutile de vérifier que la date de l’opération ne tombe pas un jour de deuil, de drame ou d’accident quelconques survenus auparavant. Manière de mettre toutes les chances de son côté.

Ainsi, l’élaboration d’un arbre génial-logique permet de mettre le doigt sur ces transmissions qui, une fois reconnues, peuvent être éliminées, on verra plus tard de quelle manière.

Psychogénéalogie (1)

michel ange baseLorsque je vous ai notifié, lors des précédentes capsules sur l’arbre génial-logique, qu’il ne suffisait pas de construire son arbre pour le « gai-rire », je ne voulais pas vous décourager car c’est une étape très importante qui consiste à se mettre concrètement face à sa filiation et ainsi à s’imprégner de cette image symbolique et guérissante à son niveau.

Cependant, lorsque de graves blessures ont meurtri cette photographie du clan, il faut aller les panser en portant attention à chaque cadre de l’image, exclu ou lésé.

On ne peut se contenter d’inscrire dates et lieux de naissance, de mariage et de décès. Certains établissent des graphiques de leur filiation qui sont impressionnants, remontant parfois même jusqu’au Moyen-Âge. Mais, en-dehors de l’aspect passionnant de la recherche qui peut ressembler à une enquête policière, ce tableau n’aidera pas vraiment si on est en quête de « syndromes » pouvant donner des explications de notre implication dans les souffrances de nos aïeux.

Pour débuter, contentons nous de trouver tous les renseignements concernant nos parents, nos grands-parents et, si vraiment nous avons de la chance, nos arrières grands-parents. Cherchons déjà sur nos actes d’Etat-civil les dates et lieux de naissance, de mariage et de décès de ces ascendants et, sur internet cela devient facile, cherchons les actes d’Etat-civil manquants. Une fois toutes les dates inscrites, l’enquête devient plus ardue, c’est un génosociogramme que nous allons bâtir car les professions, les maladies, les drames (crime, inceste, viol, alcoolisme, faillite…) ou les évènements environnementaux marquants (guerre, génocide, exil forcé…) auront aussi leur place auprès du nom de chaque membre de la filiation. Tout ce qui a pu concerner ces personnes doit être consigné. Pour cela, vous pouvez aller sur mon lien : analyse transgénérationnelle, vous y trouverez un questionnaire vous permettant de ne rien oublier.

Pratiquement, prenez une feuille pour chaque membre de votre famille (en commençant par vous) et inscrivez au brouillon TOUT ce que vous pouvez récolter comme renseignement utile. L’idéal étant de bénéficier d’un mur vierge sur lequel vous pourrez scotcher vos feuilles et les déplacer à votre guise.

A suivre…

arbre généalogique

L’arbre génial-logique (4)

Une fois l’appartenance à son clan identifiée ainsi que l’ordre immuable devant régner dans ce clan, il faut encore y installer un équilibre indispensable pour véritablement y vivre SA place ainsi que je le martèle depuis le début de ces capsules d’information sur votre arbre.

Au cours de mes conférences au sujet de la généalogie, j’emploie volontiers un mobile pour symboliser pratiquement l’arbre généalogique. Chacun peut en construire un chez soi, tiens, pourquoi ne pas en faire un avec les enfants, c’est une activité ludique et la représentation du clan familial devient claire et démonstrative.

N’y mettons pour le moment que les grands-parents, les parents et vous-même (laissons pour le moment les frères et soeurs).

Grand-papa paternel

Grand-maman paternelle

Grand-papa maternel

Grand-maman maternelle
PAPA MAMAN
MOI

Imaginons maintenant que le grand-papa paternel, ayant perdu toute la fortune de la famille au jeu, ou ayant abandonné sa jeune femme et son enfant, ait été exclu du clan et qu’on ne parle plus jamais de lui. Enlevons du mobile le cadre du grand-papa : La représentation du clan, délestée de l’une de ses composantes, va culbuter, entraînant dans son mouvement de bascule les autres cadres du clan. Tout ce beau tableau bien ordonné est complètement déséquilibré, peut-être depuis très longtemps et on porte ainsi en soi, sans le savoir, l’image de ce déséquilibre.

Ainsi, dans la vie de ce clan, à tous les niveaux de la filiation, le fait d’exclure un membre de la parenté a provoqué cette instabilité que tous vont ressentir, mais plus particulièrement un ou plusieurs descendants de la deuxième ou troisième génération suivant l’exclu. Cela va se jouer au niveau de l’inconscient bien entendu. En général, ce sont des évènements qui sont passés sous silence au sein des familles. Mais ce sont, à leur façon, des grenades dégoupillées qui finiront par exploser un beau jour : un descendant porteur, sans le savoir, de la mission de réparation du clan, va s’exclure du clan d’une manière ou d’une autre, faisant faillite lui-même ou abandonnant sa famille ou s’isolant tout simplement sans pouvoir s’en empêcher.

En construisant son arbre et en redonnant leur place aux exclus, on reconstruit l’image réelle du clan qui va remplacer la représentation déstabilisée de notre famille, on redonne sa place à la réalité biologique et on efface les fausses croyances.

Evidemment, il faudra plus qu’un arbre vivant et bien bâti pour rétablir l’équilibre ébranlé d’un clan déterminé, mais le symbole est puissant et la photographie permanente que nous aurons concrètement installée en nous par le biais de l’image saine de notre arbre réel peut aider à commencer une réparation des liens familiaux détériorés.

Annexe

arbre généalogique

L’arbre génial-logique (3)

Une fois notre appartenance au clan bien assimilée, il faut y mettre de l’ordre. En effet, il arrive souvent que l’on ait pris la place d’un autre membre du groupe familial. La mère est dépressive et la fille juge qu’elle doit la remplacer auprès du père pour élever la nombreuse famille. Le grand-père juge son fils incapable et tient les rênes de la famille, prenant ainsi la place de son fils auprès de sa belle-fille. La tante maternelle juge qu’elle est le chef du clan et empêche les descendants de prendre leur place dans l’arbre…

Que d’exemples qui génèrent des arbres dysfonctionnels, pesant sur ces filiations ainsi devenues « croches ». Mettre de l’ordre, symboliquement, en construisant son arbre, aide, sans conteste, à mettre de l’ordre dans sa vie. Je me suis trouvée, un jour, devant un arbre généalogique fabriqué, en pâte à modeler, par la fille d’une amie. Elle était toute fière de me montrer son oeuvre faite en classe. Bizarrement, elle avait collé la photo de sa petite soeur au-dessus de la sienne, sur le tronc de l’arbre. Je demandai à la maman si le petite ne se conduisait pas en « chef » dans cette famille et il me fut répondu qu’effectivement c’était la cadette qui menait tout le monde. Je proposai une correction toute simple en l’expliquant à l’enfant : « tu dois te mettre à la place de l’aînée et ta petite soeur doit être un peu en-dessous de toi, à la place de la cadette. Intervertissons les photos ». Au moment de faire cet échange, après une explication de la hiérarchie familiale que tous n’avaient pas réellement assimilée, la petite fille poussa un grand soupir comme si elle se trouvait brutalement soulagée. Plusieurs mois après, la maman m’expliqua que l’aînée avait pris sa place auprès de sa cadette et que celle-ci en avait semblé apaisée.

L’ordre, dans cette hiérarchie, permet se sortir du jugement. Cet ordre est immuable et doit se percevoir comme tel. Je me juge supérieure à ma mère que je trouve incapable d’assumer son rôle de mère, et ma vie en sera bouleversée à tous les niveaux car je me serai mise à une place qui ne m’appartient pas. Me figurer, concrètement, sur mon arbre, à ma place, en-dessous de mon père et ma mère, peut me libérer et leur laisser leurs responsabilités de parents.

L’arbre généalogique est un symbole, il ne faut pas négliger la force du symbole.

Face à son arbre, on se sent appartenir à un clan et on se « voit » à SA place, dans l’ordre naturel des choses et non comme le mental et le jugement nous conduisent à transformer cet ordre. On admet alors cette hiérarchie immuable du clan : mon grand-père sera toujours le « grand » face à mon père et ma mère sera toujours la « grande » et moi « la petite ». Quoi qu’il arrive, je serai toujours la « grande » et mes enfants « les petits » et cela n’implique pas un jugement de valeur, il ne s’agit ici que de l’ordre d’arrivée dans le clan et c’est celui qui doit toujours prévaloir.

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