Constellations familiales

Mise en place d’un SYSTEME FAMILIAL

Démarche de l’approche systémique :

  • accompagner un individu, qui a cerné un objectif (suite à des blocages comportementaux), dans l’élaboration de son arbre généalogique et l’amener à  visualiser sa place dans le système familial dont il fait partie ;
  • Mettre en scène, en étudiant les différentes branches de cet arbre, les éventuelles programmations imposées par ce réseau familial.
  • Guider la personne pour remettre de l’ordre dans ce système familial.
  • Inciter alors cet individu à se servir d’outils (symboliques) permettant d’annuler les programmations indésirables et donc de guérir (gai-rire) et se libérer.

Une fois

  • sa place bien ancrée au sein de l’arbre généalogique,
  • les « loyautés invisibles » à son réseau familial mises à jour,
  • les « valises transgénérationnelles » portées à la place des ancêtres rendues avec respect et amour,

l’individu (qui n’est plus dé-placé) prendra SA place dans tous les systèmes dans lesquels il pourra s’insérer sans difficulté : systèmes scolaire, professionnel, social, etc…

©Copyright, 2006 Catherine Labbé

Présentation d’une méthode en psychogénéalogie :

La constellation familiale

Le mot constellation est choisi pour représenter un système à la manière de celui du zodiaque qui relie des planètes comme la constellation familiale relie toutes les personnes de la parenté.

Cet exercice de mise en scène d’une constellation permet de mettre à jour les dynamiques inconscientes gouvernant tout système familial. La plupart du temps, cet éclairage est surtout révélateur d’une situation douloureuse « oubliée ».

Se relier à ses ascendants permettra souvent de découvrir le projet parental : celui-ci répond toujours à la requête familiale (inconsciente) de la conception d’un enfant, permettant de préserver la permanence du système en son entier.

L’intérêt premier et novateur de cette approche, créée par Bert Hellinger, réside dans une pratique du ressenti, contrairement à d’autres méthodes où le mental court-circuite souvent les émotions et les refoule, nous privant de leur merveilleux enseignement.

Pour qui ?

 

A l’occasion de la mise en place de son arbre généalogique, le sujet s’y installe pratiquement toujours à la place dans laquelle il s’y sent exister, or cette place, ainsi que celle de ses ascendants, est souvent incertaine et génératrice de nombreux conflits à l’intérieur du système familial. On peut ainsi mettre à jour de fausses croyances.

Ce qui nous conduit à considérer que toute personne voulant trouver ou re-trouver son identité, si elle remet en ordre les places appropriées dans son arbre, y trouvera l’équilibre recherché. Il n’est pas utile d’attendre d’être en grande souffrance pour s’interroger sur son identité, pour retrouver son origine ; chaque être humain devrait pouvoir accéder à cette reconnaissance d’identité.

Pourquoi ?

Ce qui est transmis par les ascendants n’est pas toujours apparent, or cette transmission (consciente et surtout inconsciente) constitue le poids essentiel de chaque destinée.

Les transmissions invisibles sont aussi bien les croyances véhiculées par le patrimoine familial que tout le non-dit concernant les secrets de famille, les conflits apparents ou non, les « fidélités » souvent inconscientes…

La personne en recherche est porteuse de ces transmissions et va les transmettre à sa descendance, elle est un maillon de la longue chaîne de transmissions héréditaires. Celles-ci se traduisent souvent par des difficultés ou même des souffrances dont on cerne rarement la cause. On dit alors qu’il y a transmission de « valises transgénérationnelles », charges qu’il est possible de déposer en accomplissant un mouvement symbolique libérateur qui permettra, en plus, de réparer la trame abîmée du tissu familial.

La constellation familiale permet d’atteindre ces transmissions et de :

 

–    recontacter et réveiller une mémoire ayant traversé l’histoire familiale,

–    Amener au conscient les « parasitages » imposés par certains ancêtres et certaines situations,

–    remettre de l’ordre dans cette trame familiale,  en rétablissant les places de chacun au niveau de chaque génération, ce qui éclairera les dysfonctionnements du système familial et leur impact sur le cheminement  de l’être humain,

–    prendre conscience de son appartenance à un tissu familial permettant un enracinement fondamental au lieu de fuir une histoire qui peut paraître menaçante et ramener invariablement vers les mêmes schémas du passé,

–    se positionner dans sa lignée familiale, réinvestir le scénario de cette lignée en prenant sa juste place pour se sentir appartenir en toute liberté à ce schéma collectif.

–    Se libérer des tensions provoquées par une mémoire inconsciente.

 

Comment ?

 

En visualisant son arbre généalogique, le sujet se relie à ses ancêtres (dates anniversaires, professions, maladies, alliances…).

En participant à une constellation familiale, le sujet peut représenter cet arbre généalogique pour visualiser un éventuel problème.

La pratique s’exécute principalement en groupe (une expérimentation pouvant aussi être envisagée en séance individuelle, en particulier pour de jeunes consultants).

 

Après avoir demandé aux témoins présents de laisser de côté tout jugement et d’essayer de devenir chacun un « canal » au service du constellant, l’animateur présente, en premier lieu, le cercle d’assistants ; trois catégories de personnes sont présentes dans l’assemblée :

  • Les constellants (ils veulent représenter leur « constellation ») : ceux qui ont une problématique à exprimer et sont en demande. Ils vont, à leur tour, devenir participants.
  • Les participants : ceux qui vont représenter le système familial du constellant. Ils peuvent, ou non, devenir constellants.

Les étapes de la Constellation Familiale :

La personne qui est en demande exprime une problématique à l’animateur : celui-ci l’aide à cerner son objectif (en faisant attention à ce que cet objectif ne soit pas trop flou ou de demander plusieurs choses en même temps).

L’animateur propose au constellant de choisir sans réfléchir des représentants de sa famille ou de sa problématique parmi les participants.

Le constellant va ensuite positionner intuitivement ceux-ci dans l’espace (en s’efforçant de ne pas laisser interférer son mental) et cela va donner une première image de constellation.

En général, cette première représentation du système est un tableau assez exact  de la (ou des) perturbation ayant abouti au questionnement de la personne.

Les participants à qui il a été demandé, comme au constellant, de laisser survenir ce qui vient sans jugement du mental et sans censure, expriment, à la demande de l’animateur, leurs ressentis aussi bien dans le corps (douleurs, larmes, rire par exemple) que dans les impressions qui surgissent intuitivement (tristesse, ennui, colère, détachement…).

L’animateur pose des questions aux participants, les déplace, réinstalle les « exclus », il fait répéter des phrases clefs : cela provoque des réactions et une remise en place.

Le tableau s’est alors transformé pour mettre en lumière l’évolution des fausses croyances du constellant vers une image-solution plus juste de la réalité familiale.

Le constellant, qui avait mis en situation un participant  pour jouer son propre rôle, peut reprendre alors sa place (seulement s’il le souhaite) et l’animateur le guide dans la guérison de sa problématique : il comprend,  (et, parfois, accepte ou même pardonne mais cela n’est pas indispensable), il honore ses ancêtres qui lui ont donné la vie mais leur rend les charges qu’il a cru bon de porter pour eux.

La symbolique de ce travail est flagrante : le choc de visualiser son système familial (ou professionnel ou social…) a des répercussions qui vont se traduire par une expression d’émotions et de sensations absolument libératoires et guérissantes.

Lorsque le sujet a des difficultés particulières à aller jusqu’au bout de sa constellation, il peut être indiqué de le diriger vers une thérapie de soutien et il sera souvent utile d’entreprendre d’autres constellations.

Cependant, cet exercice aura déjà beaucoup libéré la personne en la déchargeant des fardeaux portés par amour, par loyauté envers les siens. Il lui sera ainsi plus facile d’aller sur le chemin de sa progression personnelle, allégée des poids qui l’empêchaient, en partie, d’évoluer.

©copyright, 2006 Catherine Labbé


Récit : un exemple concret de constellation familiale
L’atelier débute par une explication du déroulement de la soirée ou de la journée.
Une carte de tarot est ensuite tirée par ceux qui ont demandé à vivre une constellation (les constellants ). Cette carte, tirée à chaque début de constellation, permettra de désigner la personne qui viendra consteller. Le
« hasard » fait souvent bien les choses.
Sont présents, en plus des constellants : des représentants ou substituts qui ont préféré prendre contact avec cette approche de systémie familiale en se mettant à la disposition du constellant pour représenter un membre de sa famille, sans vivre, à leur tour, une constellation durant ce séminaire.
Les assistants en demande de constellation et les substituts seront, tour à tour, substituts ou simplement observateurs.
Il est bon d’insister sur le fait que constellant, substitut ou observateur vivent tous dans la même énergie de groupe qui leur permet, à chaque niveau, de
« gai-rire » des pans entiers des problématiques qui les ont amenés à venir chercher de l’aide.
Les participants sont assis en cercle et, après une courte pause et une relaxation installant l’énergie de ce groupe (accompagné des ancêtres de tous ses membres), la personne dont la carte a été pigée vient s’asseoir à côté de l’animatrice.
La première constellante, que nous nommerons Christelle, discute avec l’animatrice de son objectif : il doit être clair et positif (une suggestion de l’animatrice : « plutôt que dire : je ne veux plus être malade, dites : je voudrais vivre en santé »).
Christelle souhaite « vivre dans la joie et le plaisir », son visage fermé indique qu’elle est habitée par une profonde tristesse.
Une fois l’objectif éclairci, l’animatrice pose quelques questions sur les antécédents familiaux. Nous cherchons des faits : y a-t-il eu des événements graves dans cette famille ? (exclusion, bannissement, viol, assassinat, enfant mort, avortement, etc …)
Sans trop de détails qui pourraient influencer les substituts à venir, Christelle parle du divorce de ses grands-parents maternels, fait rare à l’époque, et du remariage de sa grand-mère avec un homme brutal et malveillant envers les enfants du premier mariage de sa femme. Le grand-père biologique a quasiment disparu de la vie de la mère de Christelle. Sa mère est divorcée, elle vit seule.
Les grands-parents paternels sont morts accidentellement quand le père de Christelle avait 4 ans. Il a été élevé par la sœur de sa mère, mené durement à cause des conditions de vie précaires de cette famille.
Il est remarié à une femme que Christelle compare au beau-père de sa mère : dure, malveillante. Elle voit peu son père pour ne pas être confrontée à sa belle-mère.
L’animatrice demande à Christelle de choisir dans l’assistance une personne pour son père, une pour sa mère, une pour chaque grand-parent (biologique et en secondes noces) et une pour elle-même (elle va ainsi pouvoir apprécier la composition familiale mise en place de l’extérieur et s’en imprégner).
Christelle choisit, un à un, en laissant faire son intuition, les substituts et les place dans l’espace selon son inspiration et non selon son mental comme cela lui a été demandé. Une première image de la composition familiale est donc mise en scène, elle est l’image de la croyance actuelle de Christelle.
Les parents se tournent le dos, la représentante de Christelle est proche de son père et lui cache la mère. Les grands-parents sont placés assez loin des père et mère, derrière eux. L’animatrice fait allonger les grands-parents paternels morts depuis très longtemps et de même le grand-père maternel mort jeune lui aussi. La grand-mère maternelle est debout, contre son deuxième époux.
L’animatrice, après avoir demandé à Christelle de reprendre sa place dans le cercle et de devenir observatrice de ce qui va se passer, propose aux représentants des membres de cette famille de se concentrer et surtout de quitter toute attitude intellectuelle et interprétative. Les substituts, en liaison avec l’inconscient familial de cette famille, ne seront qu’un canal, au service de Christelle et de son clan, et ils vont exprimer, sans réfléchir, ce qui leur vient spontanément.
L’animatrice demande, en premier lieu, à chaque membre représenté ce qu’il ressent à cette place.
Le père : je suis très triste et en même temps très en colère.
La mère : je voudrais que ma fille soit proche de moi et pas de son père, cela me gêne. Je ne vois personne, il n y a rien devant moi, je me sens seule.
Le grand-père paternel : je ne ressens rien, je suis en-dehors de tout çà.
La grand-mère paternelle : moi aussi, je suis ailleurs et cela ne me concerne pas.
Le grand-père maternel : cela m’agace qu’on me remette dans cette famille, je suis loin de tout çà, je n’ai pas envie de les supporter. Je suis furieux après ma femme.
La grand-mère maternelle : je ne veux pas voir cet homme allongé (son premier mari) et je n’aime que celui là (elle prend le bras de son deuxième mari) et je ne veux voir que lui.
Le deuxième mari de la grand-mère maternelle : (se serrant contre sa femme) : j’aime cette femme et je ne veux qu’elle, pas tout le reste, je veux qu’elle n’aime que moi (ils se regardent en souriant).
Christelle : je suis toute proche de mon père comme si je devais le protéger et je tourne le dos à ma mère, je n’ai pas envie de la voir, elle m’exaspère. Elle est pleurnicharde.
L’animatrice va faire se confronter les grands- parents maternels en les plaçant face à face, elle leur fera exprimer leurs souffrances et les leur fera reconnaître, ils pourront ensuite trouver la place qui leur convient en ayant chacun respecté l’autre. Il sera fait de même pour les parents de Christelle. Ils vont répéter des phrases « rituelles » qui leur feront prendre conscience de l’acceptation des souffrances de leur partenaire et donc de la compréhension de leur situation conflictuelle. Ils n’ont pas à se pardonner ou avoir des gestes l’un envers l’autre, ce sont les substituts qui expriment au plus juste la situation réelle, l’animatrice ne fera que suivre leurs indications. Par exemple, la mère pourra dire au père : « je suis désolée de t’avoir trompé, je ne pensais pas faire autant de mal ». Le père : « je comprends les souffrances subies par l’attitude de ton beau-père, je n’en avais pas conscience, je les reconnais mais je ne te pardonne quand même pas de m’avoir trompé, je te laisse à ton destin ».
Il devient vite évident que l’urgence pour Christelle est de remettre les fardeaux qu’elle porte pour sa famille maternelle, la famille paternelle étant quasi inexistante (il faudra sans doute revenir à une prochaine constellation à ce niveau).
L’animatrice déplace les figurants : Christelle est face à son père et à sa mère, derrière eux sont placés les grands-parents comme sur un arbre généalogique. Christelle est d’abord confrontée à sa mère : elle ne souhaite pas s’approcher d’elle, la tension est palpable. La mère manifeste sa tristesse, elle reconnaît qu’elle est envahissante et exprime le fait qu’elle est désolée d’avoir tellement pesé sur la vie de sa fille. Christelle déclare combien sa mère lui a manqué en tant que mère, elle reconnaît que sa mère a souffert elle-même d’un manque de mère, elle a du mal à aller vers sa mère. Un long échange a lieu pour aller vers plus de compréhension. Elle finit par accepter de remercier sa mère pour lui avoir donné la vie. Elle veut bien l’honorer en tant que mère mais tient à ce qu’elle sache qu’elle ne veut plus supporter toute cette souffrance ; l’animatrice lui donne un sac très lourd et lui propose de remettre cette charge qui représente tout le poids qu’elle a porté pour sa mère et dont elle ne veut plus. Christelle le fait et sa mère accepte le poids par amour pour sa fille mais elle exprime sa difficulté à le supporter, elle se tourne vers sa propre mère et lui donne cette charge, sa mère l’accepte (toutes ont retrouvé leur dignité en reprenant chacune les fardeaux qui leur appartiennent). Elles sont toutes les trois soulagées et le déclarent. Christelle peut alors faire un pas vers sa mère et la laisser la prendre dans ses bras ; la mère pleure de soulagement.
Un travail similaire est fait avec le père, l’animatrice indique à Christelle la possibilité d’honorer ses parents : elle met un genou en terre et s’incline devant eux en les remerciant de lui avoir donné la vie. Les parents sont invités à mettre leur main sur la tête de leur fille et de lui donner leur bénédiction. Tous semblent apaisés. Christelle peut alors les embrasser.
La vraie Christelle est maintenant invitée à remercier son substitut et à prendre sa place devant ses parents, elle honore à son tour ses parents en les remerciant pour lui avoir donné la vie. Ils sont invités à poser les gestes qui leur viennent.
L’animatrice lui indique qu’elle est désormais libre de ce qui l’encombrait jusque-là et qu’elle peut tourner le dos à son clan maintenant qu’elle n’a plus besoin de le contrôler. Sa famille est là pour la soutenir et l’encourager désormais, elle peut compter sur eux et leur bienveillance.
L’animatrice suggère à Christelle de partir vers son objectif, vivre dans la joie et le plaisir, en sentant la force de son clan qui la soutient, elle se dirige vers son destin, allégée de fardeaux qui ne lui appartenaient pas et l’empêchaient de parvenir à trouver des solutions à ses problèmes.
Les substituts tournent sur eux-mêmes pour reprendre leur identité et rendent dans leur cœur (ou en le nommant à la constellante) la personnalité qu’ils représentaient. La constellante les remercie tous. Elle garde en elle toute l’énergie qu’elle vient d’acquérir. L’animatrice prie l’assistance de ne plus faire de commentaires sur ce qui vient d’être vécu et qui appartient à la constellante. Cela fera son chemin, parfois un long moment…


Les suites de la constellation familiale
Un plus au travail d’intégration des constellations familiales

Nous proposons un entretien individuel aux personnes qui ont travaillé une problématique lors d’une mise en place familiale et qui ont encore des questionnements ou souhaitent aller plus avant dans leur cheminement.

Exemple d’un suivi d’une cliente ayant participé à une constellation familiale :

Description de la constellation :
Au cours de la constellation, il a été mis en lumière que la grand-mère paternelle de la cliente a été exclue de la famille, elle a été mise dans un asile dans les années 1920, suite au décès accidentel de son mari l’ayant conduite à une tentative de suicide, malheureusement suivie d’une hémorragie cérébrale. La famille, paysanne, ne pouvant garder cette jeune femme à demi paralysée et dépressive, l’a laissée ou peut- être même l ‘ a faite interner. L’histoire est confirmée par la cliente, son père lui ayant dit avoir peu connu sa propre mère et l’ayant rarement visitée. Le père avait trois ans au moment de l’internement de sa mère. Il a été élevé par une tante, mise par lui sur un piédestal puisqu’elle lui a évité l’orphelinat, mais qui est révélée, par sa représentante dans la constellation, comme une femme dure et même méchante, ne pensant qu’à ses propres enfants.

La cliente a pu reconnaître la souffrance de sa grand-mère, comprendre qu’elle avait cru, par amour, mais d’une manière totalement inconsciente, pouvoir prendre la place de cette aïeule comme si ces souffrances allaient lui être enlevées si elle les prenait sur elle. Elle a pu remettre ce fardeau familial qui ne lui appartenait pas et symboliquement se voir reprendre les rênes de sa vie, une fois sa véritable place récupérée et l’équilibre rétabli au sein de son arbre généalogique.

Peu de temps après, cependant, même si la cliente reconnaît qu’elle sort de sa dépression et qu’elle a vraiment senti qu’elle n’avait pas à porter de charge pour ses ancêtres, elle reste très en colère après cette famille qui a exclu sa grand-mère et elle ne peut s’empêcher de ressentir tout le chagrin de son père qu’elle estime trompé par cette tante dont il a cru le dévouement. Son père est décédé, elle ne peut plus lui parler.

Elle me demande donc une entrevue pour essayer de mieux cerner cette problématique mise en valeur à cause de ces révélations.

Dans les cas très douloureux comme celui qui est présenté, les personnes qui ressentent encore certaines difficultés peuvent envisager de vivre une nouvelle constellation ou faire appel à nous, en entretien individuel.

Je demande à ma cliente de venir avec tout ce qu’elle peut avoir comme renseignement sur son arbre généalogique. A cet effet, je lui signale qu’elle peut trouver un questionnaire très détaillé afin de ne rien oublier, sur mon site : www.HarmonieInterieure.com (onglet : analyse transgénérationnelle).

Il est important de noter que si aucun renseignement n’est possible pour enrichir cet arbre, cela indique seulement qu’il n’est pas utile d’y avoir accès. C’est une indication qui peut guider pour comprendre que nous n’avons pas à tout dominer, qu’il ne nous est donné que ce qui nous sera indispensable de savoir.

C’est aussi une manière de lâcher prise, de comprendre que nous n’avons pas à tout connaître, que s’il y a secret ou non- dit, cela appartient au passé et aux ancêtres. Il y aurait même un certain orgueil à vouloir tout savoir de sa famille. Leurs erreurs et leurs fautes les concernent, nous n’avons pas à les récupérer.

Je travaille avec ma cliente à débroussailler cet arbre en établissant les relations (je découvre par exemple que son grand- père paternel, mort accidentellement, a disparu le 7 juin alors que ma cliente est née le 9 juin : elle est venue pour réparer une perte : on peut lire au sujet des syndromes d’anniversaire le livre édifiant de Anne Ancelin- Schutzenberger : « Aïe, mes aïeux »).

Les différentes branches sont analysées afin que la cliente comprenne les intrications souvent douloureuses révélées dans toute famille. Un travail symbolique est ensuite effectué, remettant la colère et le chagrin qui appartiennent au père, tout en lui exprimant respect et amour. La cliente ressent un énorme soulagement, non seulement pour elle, mais aussi pour son parent à qui appartenait ces émotions et qui retrouve sa dignité en récupérant symboliquement ce qui n’a jamais appartenu qu’à lui.

D’autres entretiens ou d’autres approches thérapeutiques pourraient encore être abordées suivant le degré d’apaisement ressenti par le consultant.

Il est indispensable de comprendre qu’au long de ces entretiens et des constellations familiales, ces fardeaux sont toujours pris en charge par amour, par loyauté envers ses parents, même si ceux-ci ont eu des attitudes impardonnables. On ne comprend que rarement que les enfants aiment leurs parents d’une manière inconditionnelle (l’inverse n’étant pas toujours vrai) et peuvent aller jusqu ‘à la mort pour leur prouver leur fidélité.

© copyright 2007 Catherine Labbé