Donner et recevoir

Une Européenne, lectrice de mon site et de mon blog, vient de m’écrire un courriel pour me dire sa déception que je ne puisse faire son thème numérologique gratuitement. J’ai longuement réfléchi comment lui répondre et cela m’a donné l’envie de partager cette méditation avec mes lecteurs.
J’ai longtemps fait des thèmes numérologiques, tiré les tarots de Marseille, donné des conseils de coaching ou établi des plans de feng shui bénévolement. Je ne m’accordais pas suffisamment de valeur, et je n’accordais pas non plus suffisamment de valeur au travail que j’effectuais pour en retirer un profit comme tout professionnel peut l’espérer. Venant d’un milieu universitaire, universitaire moi-même, je passais déjà pour une dilettante avec mes lubies ésotériques, je n’allais pas en plus me faire payer.
Au bout d’une vingtaine d’années d’expérience, d’études, d’échanges, et après un retour de nombreuses personnes satisfaites par nos partages, j’ai fini par réaliser que, toute peine méritant salaire, il était temps que je demande une rétribution pour le travail que j’offrais. J’aurais préféré troquer, et cela m’arrive parfois, mais, dans notre société capitaliste actuelle, c’est, le plus souvent, en se servant de l’argent que l’on reçoit une rémunération. Et, rapidement, je me suis rendue compte que les personnes qui payaient bénéficiaient beaucoup mieux de nos échanges que celles pour qui j’avais offert un service et qui s’en servaient moins.
J’ai compris que si je ne donnais pas moi-même de valeur à ce que je proposais, suite conséquente d’années d’investissement personnel et financier, ces services n’avaient aucune raison d’être rémunérés, ni d’être réellement pris en compte par ma clientèle.
Poussée par des proches et des professionnels, mais aussi en me coachant un peu mieux, j’ai fini par trouver cette confiance en moi qui me manquait car j’étais encore, il y a peu, complexée et influencée par l’intelligentsia qui raille, par méconnaissance, tout ce qui n’a pas reçu l’imprimatur de la coterie intellectuelle, et on sait bien que le tarot ou la numérologie, entre autres, n’ont pas leurs lettres de noblesse dans la plupart des milieux. On a tort de persifler à ce sujet, d’illustres auteurs comme Gérard Athias ou Alejandro Jodorowsky, ont démontré la respectabilité de tels outils, je vais tâcher de suivre leur voie, en respectant le travail que je fais, en tout premier lieu et en donnant donc, mais aussi en recevant.

  2 comments

  1. Élisabeth M.   •  

    Suis bien d’accord Catherine! Il y a aussi une question de respect, autant de la personne que du médium (tarot etc.) employé et demandé. Demander une étude de ce genre, c’est en principe prendre en compte le sérieux et de sa propre démarche et du travail qui sera accompli par le consultant. Le troc peut se faire facilement sur des choses matérielles, bien plus difficilement sur des choses spirituelles (au sens large du mot). La valeur d’un cheminement personnel et spirituel que l’on accepte d’entamer et de continuer ne peut se comparer au prix d’une consultation, d’une cotisation etc. Bien sûr, il y a des propositions de consultations moins sérieuses que d’autres, le choix peut sembler difficile, cependant avec un peu d’attention et de vigilance on peut repérer celles qui sont sérieuses, tout comme le consultant peut repérer le sérieux de la demande d’une consultation. À la limite, je verrai bien un consultant refuser d’accomplir un travail s’il sent que le demandeur n’est pas prêt à entamer une démarche sur lui-même. Il suffirait de quelques questions posées avec respect. Je rêve…, mais pourquoi pas finalement? Pour les gratuités, il en existe de tous bords sur internet, horoscope, tirage de tarot informatisés, etc. Ce qui veut dire que cela répond à un besoin. Cependant, combien de ces utilisateurs virtuels sont prêts à entamer un travail profond sur eux-mêmes?

    • catherine   •     Author

      merci Elisabeth M. de ce commentaire qui complète ce que j’ai voulu exprimer. Il m’arrive d’expliquer à des personnes qui veulent absolument faire une constellation ou un coaching qu’elles ont auparavant à régler certaines choses pratiques dans leur vie, pour ne pas perdre de temps par exemple ou pour les mettre en face de leur VRAIE demande. Et surtout pour que ceux qui viennent me voir ne me demandent pas d’être leur béquille ou leur gourou, nous sommes tous sur le même chemin et il nous faut prendre en mains notre destin. Les thérapeutes ou coaches qui passent dans notre vie ont simplement une petite avance dont ils peuvent témoigner, mais c’est à nous de décider ce qui est bon pour nous et ce que nous avons à accepter ou refuser.

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